Le printemps est là, les nouveaux projets fleurissent !
L'hiver a été long et fructueux cette année. C'est toujours une période un peu secrète mais capitale pour articuler une année de récoltes après l'autre. Une activité agricole est calée sur le rythme des saisons. Et mieux vaut ne pas ramer à contre courant. À chaque saison ses rendez-vous, ses objectifs, ses avantages.
En hiver, on se repose d'abord, pour attaquer en forme la prochaine saison de culture, qui s'étend de début mars à fin octobre comme une course de fond. Mais on en profite aussi pour faire le bilan de l'année passée, pour en boucler la production en achevant de transformer toutes les plantes séchées en tisanes et en aromates. Et surtout pour planifier la saison suivante.
Planifier la rotation des cultures pour ne pas remettre la même plante au même endroit deux années de suite, pour ménager le sol, car elles n'ont pas toutes les mêmes exigences en minéraux et ne puisent pas exactement les mêmes éléments dans le réservoir du sol.
Calculer les quantités de chaque plante à mettre en culture pour avoir de quoi réaliser chaque recette de tisane en fin d'année. Prévoir les quantités de terreau, d'amendement à faire entrer dans l'agrosystème. Ficeler sa trésorerie. Affiner la démarche commerciale, l'offre, la gamme, travailler à de nouveaux débouchés commerciaux. Ca fait aussi partie de l'aventure bucolique des petits producteurs, même en modèle paysan, même dans un métier passion. Car prendre soin d'un écosystème, penser l'environnement c'est aussi respecter le facteur humain et le fait qu'il doive vivre de son métier.
Alors on fait des formations axées sur la stratégie commerciale. Avec Hauts les Courts ! et William Mairesse par exemple. Ce qui donne l'occasion de remettre en question son propre modèle, en échangeant avec d'autres productrices, en se mettant à la place des clients, en collant au plus près de leurs attentes. C'est pas du tout un volet qu'on imagine aborder quand on s'engage dans une reconversion paysanne. Mais c'est en fait le coeur du projet ! Produire des fleurs oui ! Mais pour qui ? S'engager dans une utopie concrète, oui ! Mais pour un résultat économique qui doit tenir debout.
Bref, on sort un peu plus de se zone de confort à cette période, bien que lovés au coin du feu dès que possible, que pendant la saison chaude où il faudra surtout suivre le rythme de la météo et de la croissance des plantes pour les récolter au bon moment, à la bonne cadence.
En hiver on s'organise. Au printemps on se prépare, on amorce toute la saison. Et ensuite on déroule l'été jusqu'au première gelée en faisant corps avec le jardin. Et là seulement on est dans l'image d'Épinal qu'on avait en tête au premier jour.
À bientôt pour découvrir les projets qui fleuriront pendant cette nouvelle saison aux Jardins de la Forête.
